Etablissement du jardin potager

Les raisons incitant à cultiver son potager sont multiples : occupation des loisirs, exercice physique, rapport, consommation de légumes frais et savoureux, fierté d'avoir un beau jardin... Quelle que soit la ou les raisons, un certain nombre de règles et principes sont toujours valables dans le cas d'une création ou d'une amélioration de votre potager.

Surface

Elle peut varier grandement selon la dimension de votre propriété et le rapport des superficies que vous désirez consacrer au potager, au verger et au jardin d'agrément. Cependant, pour pouvoir produire les principaux légumes nécessaires à la consommation d'une année, il faut se baser sur une surface cultivée un peu inférieure à 100 m² (= 1 are) par membre de la famille, à condition de bien entretenir son jardin et d'occuper le sol au maximum pendant la belle saison. Dans ce cas, un potager de 500 à 600 m² (y compris les installations et allées dont il sera question plus loin) permet de nourrir, en légumes, une famille de 4 à 6 personnes facilement.

Cette surface peut être entretenue manuellement par un seul jardinier y travaillant pendant ses loisirs ; au-delà de 800 à 1000 m², un aide ou un petit motoculteur sera nécessaire pour les gros travaux du sol.

Emplacement et situation

Ce choix de l'emplacement du potager est conditionné par les aspirations du jardinier, mais aussi par la disposition générale de la propriété et de ce qui l'entoure.

Sur ce point, les idées divergent. Les uns préfèrent le potager près de l'habitation au détriment du jardin d'agrément, les autres situent les légumes à un emplacement plus éloigné et moins visible. Dans cette seconde éventualité, il est toujours possible d'isoler le potager par une haie basse de conifères, de rosiers, ou d'arbustes fleuris qui joueront, de plus le rôle de coupe-vent. Cette fonction peut être remplie également par un bâtiment, mais attention que l'ombre faite ne soit pas trop importante en durée.

Si le terrain a une pente de plus de 8 à 10 %, il est conseillé d'établir des terrasses afin d'éviter le ruissellement des eaux de pluie ou d'arrosage.

Se méfier également des terrains situés à proximité d'un cours d'eau sortant quelque fois de son lit et inondant la propriété. Se renseigner également sur l'existence dans le voisinage d'une usine polluante.

La proximité d'au moins un point d'eau fixe : robinet, bassin alimenté par une source, petit canal d'irrigation ou ruisseau, est indispensable pour une bonne culture. La position de ce point d'eau sera sans doute déterminante pour l'emplacement du potager dans la propriété.

Toutes ces conditions doivent être connues si vous devez établir votre potager en dehors de la propriété et si vous pouvez choisir un emplacement bien situé.

Exposition

Assurément, l'exposition optimale est celle du sud, surtout si le terrain est légèrement en pente vers ce point cardinal, avec une protection au nord. Un potager, entouré de haies ou mieux, de murs de 2 m de hauteur par exemple, sur trois côtés, est le plus favorable à condition toutefois que le côté non clos ne soit pas :

à l'est, car le réchauffement est trop rapide au printemps à la suite d'une faible gelée, au petit matin,

dans toute direction qui permettrait à l'air froid dévalant d'une colline de s'accumuler dans le potager, ou au vent dominant de s'y engouffrer.

Aménagement et installation

Plusieurs éléments importants interviennent dans l'aménagement d'un potager :

l'allée principale de desserte de 1,20 à 1,50 minimum de largeur permet l'apport des matières lourdes : amendements, fumures... à l'aide d'un véhicule tel que brouette, voiture à bras, motoculteur avec remorque... A cet effet, l'allée principale devra de préférence être empierrée ou en tout cas gravillonée et toujours surélevée pour y circuler en toutes saisons avec un engin mobile. Cette allée sera située au centre ou sur un bord du potager. Elle devra conduire également aux installations fixes suivantes :

une fumière pour entreposer le fumier venant de l'extérieur, ou pour en confectionner. Cette fumière sera naturellement située le plus loin possible de l'habitation,

un pourissoir où s'accumule tous les déchets végétaux du jardin et de l'habitation pour les faire fermenter afin de constituer du compost. Ne pas charger ce pourissoir d'une couche de tontes de gazon supérieure à 20 cm si l'on veut obtenir une bonne décomposition,

une rangée de coffres (= bâches) couverts de châssis vitrés ou d'une feuille de plastique, tournés vers l'exposition la plus chaude pour y effectuer les semis précoces et les cultures retardées de légumes et de fleurs. Les coffres pourront être équipés d'une chaleur d'appoint :

naturelle, grâce à une couche de fumier sous-jacente,

ou artificielle, grâce à une résistance électrique chauffante enterrée.

Les coffres pourront être garnis extérieurement de paille et les châssis de paillassons qui serviront d'isolants thermiques en période froide et que l'on pourra, au contraire, couvrir d'une toile ou d'une claie pour servir d'ombrage en période chaude,

un abri de jardin fermé, d'autant plus utile que le potager est situé plus loin de l'habitation. Cet abri sert à stocker la paille, à ranger les outils sur un râtelier, les graines et les engrais sur un rayonnage. Il permet de faire sécher les bulbes, les fleurs pour bouquet sec... Il doit être légèrement ventilé et l'ouverture doit être équipée d'une grille évitant la visite des petits rongeurs. Il sera fermé à clé si le jardin n'est pas clos ou si des produits antparasitaires et herbicides y sont emmagasinés. Les dimensions de cet abri sont variables allant de 4 à 10 m² généralement,

une aire de stockage de matériels et matériaux tels que tuteurs, rames à petits pois, balles de tourbe, pots et godets. Il est très pratique que fumière, pourissoir, aire de stockage des matériaux soient groupés dans le même secteur. Ils pourront être placés là où l'ombre est maximum pour réserver la partie ensoleillée aux cultures de plein air, aux ados et côtières (voir plus loin).

Equipement

L'outillage sera celui indispensable à tout jardin :

Pour préparation du sol : pioche, pelle, brouette, fourche à fumier, tamis...

Pour entretien du sol : bêche, fourche bêche, crochet (= griffe), piège à taupes, binette, râteau, croc, serfouette, sarcloir, balai de bouleau.

Pour la multiplication et la culture : pot, godet, raphia, étiquette, toile à ombrer, paillasson, thermomètre de couche, cordeau, plantoir, transplantoir, semoir...

Pour l'entretien des plantes : sécateur, greffoir, serpette, tuteur, rames à pois, ficelle...

Pour l'arrosage : arrosoir, tuyau souple avec raccord sur le robinet, tambour enrouleur, touniquet.

Pour la protection antiparasitaire : pulvérisateur à main ou à dos, poudreuse, seaux pour confection des solutions...

Pour la récolte : couteaux, paniers, gouge à asperges...

Si la surface dépasse 1000 m², il faudra adjoindre un motoculteur avec ses outils : socs, rasettes, herse, griffes, remorque... et puis, si vous désirez pratiquer des cultures hâtées ou retardées, vous devrez vous procurer absolument des tunnels en plastique sur arceaux, en fil de fer pour les petits tunnels et en tubes pour les grands. Ces tunnels sont facilement déplaçables et ont l'avantage, sur les châssis vitrés, d'éviter les brûlures des plantes, si le plastique est translucide sans être transparent. Les dimensions de ces tunnels sont variables, allant de 1 m à 7,80 m de largeur au sol. Les premiers sont plutôt destinés à l'amateur (par exemple tunnels "Croquet") alors que les seconds sont plutôt pour les professionnels et permettent d'y travailler debout. Il est alors possible d'équiper au sol ces tunnels de rampe d'arrosages rigides, placées dans l'axe des tunnels et munies, soit de petits gicleurs, soit de goutteurs. Un système d'aération est également indispensable :

par plissement de la feuille de plastique vers le sommet pour les petits tunnels,

par ouverture des portes d'extrémité ou même par un dispositif fixé entre deux arceaux pour les grands tunnels. Certains sont quelquefois équipés de ventilateurs.

Nature, préparation du sol et fertilisation

Si le sol n'est pas saturé d'eau ou s'il a été drainé, sa fertilité dépendra de :

- sa structure physique et granulométrique,

- sa composition chimique.

Si le sol de surface est brun foncé sur 20 cm d'épaisseur, donc bien pourvu en principe en humus et si une poignée de terre humide étant serrée conserve - sans s'effriter et sans coller - la forme du creux de la main, vous pouvez donner un a-priori favorable. Une analyse du sol devrait confirmer ce diagnostic empirique.

Vous pouvez faire faire une analyse de terre chez certaines jardineries ou avec Georges DELBARD pour une somme modique. ( Demandez-lui le dossier complet pour connaître le mode de prélèvement de l'échantillon de terre)

Les résultats chiffrés de l'analyse : pH, teneur en calcaire, en matières organiques, en acide phosphorique, en potasse et en magnésium, seront accompagnés de conseils sur :

- les amendements éventuels à apporter : gros sable en terrain argileux ou tourbe en sol calcaire ou chaux hydratée en sol acide (pH inférieur à 6),

- la fumure organique et minérale à pratiquer avant la mise en exploitation (fumure fondamentale) et en cours de culture (fumure d'entretien) en fonction des principales productions envisagées.

Si pour une raison quelconque, vous ne pouvez faire faire cette analyse du sol, vous aplliquerez les fertilisations "passe-partout" du tableau suivant, s'il s'agit d'un sol de caractéristiques moyennes.

Remarques :

(1) La fumure fondamentale est obligatoire. Les autres sont vivement conseillées, notamment celle à effectuer à la préparation du sol.

(2) Ne pas apporter de terreau ou de fumier avant la plantation des bulbes et oignons.

(3) Ne pas apporter trop de calcium (= chaux) avant une culture de légumineuse, surtout en terrain alcalin de pH supérieur à 7.

Les fumures fondamentales et celle d'entretien à la préparation du sol sont enterrées par bêchage. La fertilisation avant semis et celle en cours de végétation sont apportées en surface suivies d'un binage, ou d'un griffage du sol, et éventuellement d'un arrosage.

Disposition du potager et assolement

Nous avons indiqué la nécessité d'une allée principale reliant l'habitation et le jardin d'agrément aux installations du potager : abri, pourissoir, fumière, aire de stockage... en laissant la possibilité de la situer soit sur le bord, soit au milieu du potager, ce qui est plus pratique pour un petit jardin de 500 m² environ.

Si l'allée principale est située sur un bord, il sera nécessaire de faire 3 allées secondaires un peu moins que la principale et perpendiculaires à cette dernière, divisant le jardin en 4 parcelles (encore appelées soles) d'égale surface. Si l'allée pricipale est au centre, deux allées secondaires, également perpendiculaires, permettent de partager le jardin en 4 parcelles identiques.

Une parcelle N°4 par exemple sera consacré aux cultures vivaces (artichauts, asperges, fraisiers, rhubarbe, oseille, et plantes condimentaires + pommes de terre hâtives...) et restera en place plusieurs années, tandis que les cultures de la parcelle N°1 passeront en N°2 l'année suivante et ainsi de suite. Ce cycle de permutation sur 3 ans, qui s'appelle la ROTATION ou l'ASSOLEMENT TRIENNAL, est pratiqué par tout bon jardinier en raison des avantages suivants :

la profondeur d'enracinement varie d'un légume à l'autre. Les couches de sol explorées par les racines ne sont donc pas les mêmes. Le bêchage de préparation du sol pour la culture suivante ne doit pas être plus profond que le niveau des racines des légumes arrachés. De la sorte, la profondeur de bêchage différera d'une année à l'autre, évitant ainsi la création d'une sole de labour, c'est-à-dire d'une faible couche de sol tassé, moins perméable, résultant de bêchages successifs exactement de même profondeur ;

les racines des légumes, comme celles de toutes les plantes, sécrètent des "toxines racinaires" défavorables à une nouvelle culture du même légume. De plus, chaque légume ou presque a ses parasites souterrains spécifiques. Si ces derniers retrouvent l'année suivante la possibilité de s'alimenter, ils auront tendance à proliférer ;

les légumes ont des exigences différentes en matières nutritives. Pour éviter l'épuisement d'un élément fertilisant en un emplacement donné, il est avantageux de faire succéder des légumes différents à cet emplacement ;

les légumineuses (pois, fèves, haricots, lentilles...) portent sur leurs racines des nodosités remplies de bactéries fixant l'azote de l'air qui circule dans le sol ; elles le minéralisent en azote ammoniacal que d'autres bactéries transforment en nitrate et ainsi l'azote se trouve disponible pour les racines des plantes qui viennent ensuite : ce qui constitue la 4e bonne raison de pratiquer la rotation.

Il existe plusieurs formules d'assolement triennal. Nous indiquons la plus simple, qui est toutefois très étudiée et pratique :

1ere parcelle : les légumes feuilles qui aiment particulièrement l'azote : poireaux, salades, épinards, bettes, choux...

2e parcelle : les légumes bulbeux, avides d'acide phosphorique : oignons, aulx, échalotes, ciboules... et les légumes de la famille des légumineuses ;

3e parcelle : les légumes fruits, friands de potasse : tomates, aubergines, concombres, melons..., les légumes-racines réclamant aussi de la potasse : navets, carottes, céleris-raves, betteraves, scorsonères (de la même famille que les salsifis)...

Il est bon de prévoir également dans une zone bien exposée, si possible au sud, une côtière ou un ados dont le but est d'accélérer la végétation en captant le maximum de chaleur solaire grâce aux effets :

d'un terrain légèrement en pente,

d'une terre noire due à son humus ou à son enrichissement en matières organiques,

à la réflexion des radiations solaires par le mur, de préférence blanchi à la chaux, se trouvant juste derrière une côtière.

La largeur de l'ados ou de la côtière ne doit pas excéder 1 m à 1,20 m, afin d'y travailler plus aisément et la différence de niveau entre l'avant et l'arrière de cette plate-bande inclinée doit être inférieure à 20 cm.

SURFACE A CULTIVER PAR LEGUME POUR NOURRIR UNE FAMILLE DE 4 A 6 PERSONNES PENDANT 1 AN 

PARCELLES 

ESPECES 

Surface à cultiver en m² 

Distances sur la ligne 

Distances entre lignes 

Nombre de plantes au m² 

Nombre de plantes nécessaires 

1)

L
E
G
U
M
E
S
F
E
U
I
L
L
U
S
 

Bette (=Poirée) 
Cardon 
Céleri-cote 
Chicorée frisée 
Chicorée Witloof (Endive) 
Chou-de-Bruxelles 
Chou-fleur 
Chou frisé 
Chou pomme 
Chou rouge 
Epinard * 
Laitue ** 
Mâche 
Poireau * 
Scarole 

Total de la parcelle 

3

6
3
6
12
3
6
3
3
3
12
6
3
12
6
87 m² 

30

70
30
30
10
40
40
30
30
30
10
30
5
15
30

30

70
30
40
25
50
50
40
40
40
30
30
20
25
40

11

2
11
8
40
5
5
8
8
8
33
11
100
27
8

33

12
33
48
480
15
30
24
24
24
396
66
300
324
48
2) 
LEGUMES 
BULBEUX 

_____________ 

LEGUMES 
GRAINES
Ail 
Echalote 
Oignons Mulhouse blanc et couleurs 
Pomme de terre d'hiver

Fève 
Haricot ** 
Pois * 

Total de la parcelle 
3
3
6
42
 
3
18
12

87 m²
 
15
15
10
40
 
15
8
5
20
20
15
60
 
30
40
40
33
33
67
4
 
22
31
50
99
99
402
192
 
66
558
600
3)LEGUMES FRUITS 
_____________ 

LEGUMES RACINES 
Aubergine 
Concombre 
Cornichon 
Courgette 
Melon 
Piment, Poivron 
Potiron 
Tomate
_________________________________
Betterave 
Carotte ** 
Céleri rave 
Fenouil 
Navet * 
Radis ** 
Scrorsonère et Salsifis 

_________________________________
Total de la parcelle

6
6
6
6
6
3
6
6
______
6
12
3
3
6
3
6

______
84 m² 

60
60
60
100
100
50
100
50
_______
15
5
30
20
10
5
10 

70
120
120
200
100
60
250
50
_______
30
25
40
50
25
10
30 

2,3
1,4
1,4
0,5
1
3
0,4
4
_____
22
80
8
10
40
100
33 

12
8
8
6
6
9
3
24
_________
132
960
24
30
240
300
198 

4) LEGUMES 

V
I
V
A
C
E
S
 
Artichaut + Cardon 
Asperge 
Fraisier 
Rhubarbe 
Plantes condimentaires 
Pomme de terre hâtive 
Semis divers 

Total de la parcelle 
TOTAL GENERAL
12 
12 
12 


18 
24 

87 m² 
345 m²
80 
80 
40 
100 
30 
40 
 
100 
100 
40 
100 
30 
50 
 
1,25 
1,25 
6,25 

11 

 
15 
15 
75 

66 
90 
 
* Surface à semer ou planter en 2 fois.
** Surface à semer ou planter en 3 fois.

Cultures simultanées ou successives à un même emplacement durant une période de 12 mois

Si le jardinier veut faire produire au maximum son jardin, il s'appliquera avec moins de rigidité que décrit au paragraphe précédent le système de l'assolement triennal. En effet, il pourra :

soit semer (à la volée) simultanément deux espèces, l'une de récolte plus rapide (3 semaines après germination) comme les radis, et l'autre de récolte plus lente (8 à 10 semaines) comme les salades ; dans ce cas il associe un légume-racine et un légume-feuille, ce qui n'est pas conforme au principe général énoncé ci-dessus,

soit semer successivement deux espèces : par exemple un semis de pois en mars récolté fin juin, suivis d'un semis de mâche en juillet récolté en septembre. Dans ce cas, un légume-légumineuse est suivi d'un légume-feuille.

La succession des légumes peut encore être accélérée si l'on utilise un moyen pour hâter ou forcer la culture, tel qu'un tunnel "Croquet" en plastique, un châssis vitré ou une côtière. Il est ainsi possible, par exemple, en un même emplacement de semer en côtière le 20 novembre des pois Michaux cueillis à fin mai, puis replanter aussitôt des tomates précoces récoltées en juillet et août et enfin demer des épinards en fin septembre qui sont récoltés en novembre-décembre, ce qui correspond à la succession d'un légume-légumineuse, d'un légume-fruit et enfin d'un légume-feuille. Etant donné que, pour se développer en pleine terre, chaque légume n'a besoin que de 2 à 5 mois, il est donc possible de prévoir différentes successions qui occupent le sol d'un même emplacement toute l'année ; c'est la PROGRAMMATION ou PLAN DE CULTURE. Nous citons quelques exemples non limitatifs ci-après :

1re culture 

2e culture 

Ail

Pois nain
Carotte hâtive
Laitue de printemps
Pomme de terre
Tomate précoce 

Bette (= poirée)

Haricot
Epinard
Poireau d'hiver
Mâche
Laitue d'hiver 
Il est moins conseillé toutefois de faire succéder au cours de l'année deux semis de la même espèce à cause des parasites toujours possibles : par exemple une laitue précoce semée en mars, récoltée en juin, suivie d'une laitue d'automne semée en juillet et récoltée en octobre-novembre, ou bien un haricot semé en mai, récolté en juillet, suivi d'un autre haricot semé aussitôt et récolté de fin septembre à courant novembre.

Nous vous conseillons de consulter un calendrier de semis et de récolte des graines et bulbes potagers ( il y en aura un bientôt sur ce site Intranet ), vous arriverez facilement à programmer les légumes pouvant se succéder dans une même année.

Modes de multiplication et de culture

Hormis les plantes

vivaces : artichauts, asperges, fraisiers, rhubarbe, thym... qui se multiplient par divisision de touffes (= éclats de la partie aérienne et des racines, séparés de plantes adultes),
bulbeuses : oignons, aulx, échalotes... qui sont propagées par caïeux,

les autres plantes potagères, pour la plupart annuelles, se multiplient par semis.

Différents modes de semis :

en place, c'est-à-dire en pleine terre (= plein air) à l'emplacement où les légumes se développeront. Dans ce cas, les semis peuvent être faits :

à la volée, généralement pour les plantes de faible développement, ou occupant peu de temps le sol : radis, persil...
en ligne, généralement pour les plantes à racines pivotantes : carottes, navets... ou se développant en hauteur : bettes, céleris-raves...
en poquet, par 3 à 5 graines pour pois et haricots ;

en pépinière, c'est-à-dire en pleine terre ou en terrines ou pots sous châssis à un emplacement temporaire pour les jeunes plantes acceptant d'être repiquées ensuite à racines nues à leur place définitive ou transplantées avec une motte de terre sur le lieu de leur développement. Dans ces cas, les semis peuvent être faits :

en ligne avec un semis "dru" (= serré) pour les plantes repiquées à racines nues : salades, céleris, poireaux, choux...
en godet de plastique ou en godet de tourbe comprimée de type "Jiffy pot" ou "Jiffy seven" à raison d'une ou deux graines par contenant pour les plantes à transplanter avec motte de terre : melons, tomates, aubergines... Ces contenants doivent être remplis d'un mélange léger, mais toutefois ne se désagrégeant pas lors du dépotage ultérieur :

1 volume de terre franche
1 volume de terreau
1 volume de tourbe.

Les semis en pleine terre (en place, ou en pépinière) sont faits le plus souvent en avril ou mai, lorsque le sol est réchauffé et non collant. Pour quelques plantes plus rustiques : cerfeuil, chicorée sauvage, ciboule, oignon, oseille, persil, poireau, pois, scorsonères... les semis peuvent commencer en mars et être poursuivis en juin.

Les semis sous abri, châssis ou serre, sont pratiqués :

soit pour les plantes à cycle long et sensibles au froid printanier : melons, aubergines, piments...
soit pour hâter les récoltes des plantes normalement semées en plein air en mars, avril ou mai : carottes, céleris-raves, choux-fleurs, laitues printanières, radis...

Quelques plantes à cycle court peuvent être semées sous abri pendant les mois froids et en plein air durant tous les mois de printemps et d'été : cerfeuil, laitue, navet, radis... en choisissant les variétés appropriés pour les laitues et les navets.

Rappelons que la profondeur du semis est proportionnelle à la dimension de la graine, les semences fines n'étant même pas enterrées, mais plaquées au sol par tassement (batte sur terrine, dos du rateau en pleine terre) tandis que les graines moyennes sont enterrées de 3 fois leur diamètre environ dans un petit sillon tacé le long du cordeau. Les grosses graines plates de concombre ou cornichon... sont placées à une profondeur équivalente à leur largeur.

Tous les semis de surface, ou en sillon, gagnent à être terreautées, le terreau (même sur 1 ou 2 mm d'épaisseur) augmententant la température du sol et sa rétention en humidité.

En ce qui concerne les plantes bulbeuses, les caïeux (= petits bulbes se développant sur le côté d'un gros bulbe) sont enfoncés à la main un par un, à leur emplacement définitif dans le fond d'un petit sillon de 1 cm de profondeur ; ils ne doivent pas être placés dans le trou laissé par un plantoir, sinon la base de ces caïeux se trouverait au-dessus d'une petite poche d'air, ce qui est néfaste au départ de la végétation.

Les distances conseillées entre les lignes de semis et les espacements sur les rangs et entre les rangs pour le repiquage ou la transplantation seront données pour chaque légume.

Soins d'entretiens à apporter aux semis

Il faut tout d'abord surveiller les conditions ambiantes :

humidité des supports terreux de pleine terre ou des godets, terrines et pots,
ombrage pour les semis sous abri vitré, afin d'éviter les brûlures solaires,
chaleur d'appoint pour les semis sous abri vitré en ouvrant les châssis, en plaçant des toiles ou des claies à ombrager, en bassinant les jeunes plantes pour créer une atmosphère chaude et humide.

Il faut également effectuer certaines interventions :

éclaircissage (quelquefois appelé démarriage) des semis à la volée et surtout en ligne, qu'ils soient en terrines, ou en pleine terre ; ceci revient à dire que l'espacement permet le développement des plantes qui resteront en place. Les semis arrachés pourront être repiqués à racine nue ;
repiquage ou transplantation avec des jeunes plantes ayant 4, 5 ou 6 feuilles ;

replantation avec motte de terre dépotée d'un pot de terre ou d'un godet en plastique, soit sans dépotage pour les semis faits en godets de tourbe compressée. Les plantes avec motte sont vendues en jardineries à bonne époque de plantation ;
repiquage de plantes à racines nues pour les autres légumes.

La profondeur adéquate de repiquage est importante. De façon générale, les plantes ayant un coeur dont les feuilles partent toutes du collet : céleri, salade... à l'exception des poireaux, ne doivent pas être enterrées plus profondément que le collet.

Le repiquage est réalisé à l'aide d'un plantoir, tandis que la transplantation est faite avec un transplantoir (= houlette) servant à ouvrir une cavité dans le sol pour y placer la motte. Tout repiquage et toute transplantation doivent être suivis d'un bornage (= léger tassement de la terre autour de la base de la plante) et d'un arrosage au goulot avec un arrrosoir sans pomme.

Soins d'entretien à apporter aux légumes en cours de développement

Les binages - comme pour toutes les plantes cultivées -servent à décroûter le sol - surtout s'il est argileux - couper les fins canalicules qui permettent la remontée de l'eau vers la surface et l'aide à s'évaporer, enfin à ameublir la surface pour que les pluies pénètrent mieux. Un vieil adage dit qu'un binage vaut deux arrosages ; quoiqu'il en soit les arrosages et les binages doivent alterner. Les binages peuvent être remplacés par le désherbage chimique.

Les sarclages - qui ont pour but de supprimer les mauvaises herbes, s'opèrent à la main, à la serfouette, au sarcloir ou à la binette ; ce qui signifie que les deux opérations, binage et sarclage, sont souvent réalisées ensemble.

Le buttage s'effectue autour des plantes "déchaussées", et pour certaines cultures au cours de leur développement pour différentes raisons :

faciliter la formation des tubercules des pommes de terre et ensuite éviter leur verdissement,
faire former des racines au-dessus du collet des plantes de la famille des solanées : pomme de terre, tomate, aubergine, poivron... ce qui remplace ainsi un recyclage profond,
renforcer l'ancrage des plantes au sol : chou de Bruxelles...
faciliter le blanchiment des turions d'asperge ou de la base des céleris ou poireaux, pomme des endives de Witloof...
protéger les plantes du gel : carotte, artichaut...

Les épandages d'engrais selon époques, natures et doses indiquées dans le tableau précédent. Cette opération sera revue pour chaque légume.

Le paillage consiste à glisser une couverture de 5 à 10 cm d'épaisseur de paille ou de fumier très pailleux à paille courte entre les plantes cultivées pour maintenir la fraîcheur du sol, éviter son tassement par les arrosages, empêcher la croissance des adventices et éliminer ainsi le binage. Il empêche aussi les fraisiers et les tomates, par exemple, de toucher le sol. Mais dans ce cas la paille doit être très très propre. Il protège les plantes contre le froid hivernal pour la culture de l'artichaut par exemple.

La paille est souvent remplacée, pour les cultures de fraisiers, par un film de plastique noir de 1,40 m de largeur et 5, 10 ou 30 m de longueur couvrant le sol pour 3 rangs de fraisiers groupés sur le même billon. Ce film de plastique est déroulé au-dessus des plantes et le jardinier pratique, avec un couteau, une fente en croix au-dessus de chaque plante qu'il fait dépasser du plastique grâce à l'ouverture pratiquée. Ensuite, il évite à ce film de s'envoler en plaçant sur les bords, de loin en loin, une bêchée de terre ou des pierres.

Le tuteurage pour les plantes portant des fruits comme les tomates sur échalas ou celui des pois et haricots s'accrochant eux-mêmes à des rames.

La taille, ou pincement des tomates et des plantes coureuses de la famille des cucurbitacées : melon, concombre, courge... formant des fleurs unisexuées, afin d'accroître le nombre des fleurs femelles par rapport aux fleurs mâles. Nous traiterons de ce sujet aux productions concernées.

Les traitements antiparasitaires contre les maladies et insectes sur tous les légumes : nous les examinerons à chaque culture.

Le blanchiment (ou étiolement) est opéré pour rendre les légumes plus tendres, en faisant blanchir leur coeur par privation de lumière : les pissenlits sont recouverts de sacs de toile ou de plastique noir, les céleris côtes et les cardons sont liés et encapuchonnés de papier fort ligaturé ou de plastique noir, les racines d'endives sont rentrées en cave, les chicorées scaroles sont simplement liées, la pomme des choux fleurs est tout bonnement couverte d'une large feuille prélevée sur la couronne extérieure de la plante.

L'ensilage à l'extérieur sous une couche de paille, recouverte de terre, ou à l'intérieur dans une caisse de sable est un mode de conservation de légumes-racines consommés en hiver, alors que leur développement se termine à la fin de l'automne : betterave potagère, carotte, navet, céleri-rave...
Cet ensilage pourra se faire dans une tranchée à l'extérieur au pied d'un mur, ou dans un coin de cave ou de cellier, ce qui permet de s'approvisionner facilement durant tout l'hiver, même par temps de gelée ou de neige.

L'enjaugeage est un autre mode de conservation hivernale par lequel la partie aérienne des légumes-feuilles pourvu d'un coeur n'est pas recouverte : chou, céleri à côte...

Les arrosages, nécessaires sur toutes les cultures, méritent un certain développement.
La règle d'or pour cette intervention est d'arroser copieusement, et moins souvent, que peu et fréquemment, car l'eau doit parvenir au niveau des racines. (Seuls les jeunes semis doivent être arrosés tous les jours ou 1 jour sur 2). D'autre part, les relevés climatologiques de la région angevine et de l'Ile-de-France démontrent que dès le 1er mai et le 1er juin respectivement, les arrosages sont indispensables après un hiver et un printemps normalement pluvieux, à raison de 40 mm en moyenne par semaine, si les pluies mesurées au pluviomètre n'ont pas apporté cette quantité.

Pour connaître la quantité d'eau apportée grâce à un arrosage par aspersion, il suffit de placer une boîte de conserve vide au milieu du potager et d'évaluer la hauteur d'eau dans la boîte après arrosage.

L'arrosage peut être apporté de différentes façons :

à la raie (= en irrigation) dans les sillons entre les rangs de culture pour un terrain légèrement en pente,
par aspersion (= en pluie) pour un terrain plat ou situé plus haut que le point d'eau

à l'arrosoir, au goulot ou à la pomme
au pot de fleurs
à la lance
au tourniquet rotatif ou à l'oscillateur
à la rampe ou au tuyau perforé,

au goutteur (ce procédé s'applique plutôt aux arbres fruitiers ou aux plantes en pot, en serre).

L'eau peut provenir d'un puits, d'une source, d'un canal, d'une rivière, d'un étang, d'un réservoir accumulant l'eau de pluie... ou d'une canalisation urbaine. Elle ne doit pas être :

d'une température inférieure à celle du sol et surtout à celle des plantes (attention à la température de l'eau de puits) d'où arrosage tard le soir ou tôt le matin en été,
d'une teneur trop forte en chlore ou en eau de javel (attention à l'eau urbaine),
d'une teneur trop forte en calcaire pour les plantes et les goutteurs qui risquent de se boucher.

Il faut se souvenir que les plantes n'ont pas toutes les mêmes exigences :

les plantes bulbeuses n'aiment pas l'excès d'eau,
les légumes-feuilles qui, avant la récolte, forment une pomme, telle que les laitues, n'aiment pas recevoir d'eau dans leur coeur, donc les arroser au ras du sol,
les plantes de la famille des cucurbitacées, qui sont sujettes à l'Oïdium sur feuillage, doivent être arrosées "au pot de fleurs",
les haricots et les pommes de terre sont à arroser de préférence par irrigation, pour éviter également de mouiller leur feuillage,
les épinards, les bettes, le cresson de jardin... et surtout les radis aiment beaucoup les arrosages en aspersion.

Pour une bonne réussite : rappel de quelques règles essentielles

Préparez votre sol de préférence en deux fois : bêchage et fertilisation en automne de toutes les planches libres, puis après les gels d'hiver ameublissement de surface et semis.

Semez sur terre fine à bonne époque (reportez-vous à un calendrier de semis) et losque le temps et l'état du sol sont propices : ni trop humides ni trop froids. De plus, ne semez ni trop profondément ni trop serré ; plombez et arrosez si nécessaires. Placez des baguettes aux extrémités de vos semis pour les délimiter ; fixez sur une fiche le sachet de graines indiquant la variété semée.

Semez moins mais plus souvent les légumes qui ne se conservent pas naturellemnt : laitues, radis, carottes hâtives, pois, haricots verts... Semez également en mélange les espèces ou variétés de développements différents à récolter tôt ou tard en saison : radis + laitues printanières, radis + pois, persil + chou...

Assurez une germination et une croissance rapide de manière à éclaircir et repiquer ou replanter rapidement. Plombez et arrosez chaque semis éclairci, restant en place.

Arrosez, binez, sarclez et décroûtez le sol pendant toute la culture pour obtenir une croissance rapide des plantes.

Récoltez les légumes primeurs tôt et souvent, sans attendre qu'ils aient ateint leur complet développement ; ils seront plus tendres et plus savoureux : par exemple carottes et navets printaniers, petits pois, haricots verts...

Faites la rotation triennale des diverses catégories de légumes même si durant l'année, vous avez cultivé 2 ou 3 légumes à un même emplacement.